Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /Juin /2008 14:08

LogoliberationLe nouveau maire UMP de Boulogne-Billancourt a retoqué le projet d’aménagement de l’ancien site Renault, incluant notamment une université américaine. A la place, un programme flou qui pourrait déboucher sur une opération immobilière plus banale.



Avec un sens remarquable du contretemps, le nouveau maire UMP de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet (1), détricote l’île Seguin. Au moment même où l’on pense au Grand Paris et où l’on repense à Mai 68. L’élu local traite ce haut lieu de l’agglomération parisienne et de la mémoire ouvrière comme un simple aménagement de quartier. Pour commencer, il évacue sans égard l’Université américaine de Paris (AUP), qui devait entamer cette année les travaux de son campus. Victime collatérale d’une guéguerre interne à l’UMP, ce projet culturel de bon niveau pourrait ne pas voir le jour parce que le nouveau maire, ex-UDF tôt rallié à Sarkozy, règle ses comptes avec l’ancien, Jean-Pierre Fourcade. Vieux gaulliste, celui-ci s’était choisi un autre successeur : il a perdu. Son ennemi intime est aux manettes et, sur l’île Seguin, il démantèle le travail entrepris par l’équipe précédente.

Vingt ans ont passé depuis que Renault a annoncé la fermeture de ses usines de Billancourt. C’était une des plus prometteuses opportunités urbaines autour de la capitale, ce fut une série de déconvenues : attentisme de Renault ; démolition du bâtiment spectaculaire de l’usine ; consultation d’urbanisme annulée puis recommencée ; épisode pitoyable de la Fondation Pinault annoncée puis retirée par le mécène.


Depuis quelques années, se dessinait malgré tout un projet d’île dite «des deux cultures», scientifique et artistique, dont les pièces commençaient à s’ajuster. Une silhouette architecturale avait été prévue pour unifier l’île, avec un système de galerie-enveloppe, inédite en France, qui évoquait la linéarité de l’ex-usine, dégageait des transparences et offrait une promenade publique. Une sortie par le haut semblait se dessiner. C’est cela que Baguet met maintenant à terre. A peine élu en mars dernier, il a viré Jean-Louis Subileau, grand prix d’urbanisme et directeur général de la société d’économie mixte de pilotage, la Saem Val-de-Seine. Le nouveau maire promet «un projet plus vert». Il dresse au fil des interviews une longue liste de ce qui ne se fera pas, sans souci de l’avis des intéressés dont certains sont pourtant titulaires d’un permis de construire. Tout s’écroule, une fois de plus. Reprenons.

Rejet le plus surprenant, celui de l’American University of Paris. Dès le 1er juin, dans une interview à 20 Minutes, Baguet affirme : «Le projet d’université américaine de Paris vient d’être abandonné par son partenaire financier, la New York University, donc le problème est réglé.» C’est faux. «Je ne sais pas avec qui la mairie a réglé le problème, dit Gerardo Della Paolera, le président de l’AUP, mais pas avec nous.» Il admet tout à fait que le partenariat avec la New York University (NYU), qui apportait 10 % du financement total, a été abandonné. «Mais la faisablilité de notre projet ne dépend pas de l’apport de fonds de la NYU», poursuit-il. Quand on lui demande s’il envisage d’abandonner, il répond : «Non. Notre projet est le plus important pour la ville de Boulogne du point de vue dynamisme.»

Un tel projet, c’est en effet le cadeau dont rêve tout élu. L’AUP, créée en 1962, est un équipement culturel entièrement financé sur fonds privés, détenteur d’un vaste réseau international et fonctionnant sur le rythme permanent propre aux campus américains. 1 200 élèves de plus de cent nationalités, une grande conférence annuelle, des présentations hebdomadaires de travaux de chercheurs, un centre de recherche et de rencontres autour de la traduction et de multiples résidences de chercheurs et de professeurs invités. Cette ruche reçoit du beau monde. En 2006, tandis que les relations franco-américaines ne sont pas au mieux, l’AUP en fait le thème de sa grand-messe annuelle et réunit anciens ministres, militaires et intellectuels.

«C’est un dossier difficile à gérer»

Dans une ville comme Boulogne, qui malgré ses 100 000 habitants, ne possède aucun établissement culturel majeur, cette implantation est une chance. Les deux bâtiments de l’architecte Jean-Paul Viguier, pour l’hébergement des étudiants et pour les enseignements, comportent quantité de dispositifs ouverts sur l’extérieur : cafétérias, librairies, agora, amphithéâtre… «Toutes nos manifestations sont ouvertes au public», explique Perrine Delobelle, chargée de mission auprès de la présidence de l’AUP, qui développe aussi depuis quelques années un projet baptisé The arts arena, «embryon de notre futur centre culturel sur l’île Seguin».

Pour son campus, la présidence a hésité entre deux sites, Paris rive gauche et l’île Seguin. C’est le projet global d’île «des deux cultures» qui l’a décidée, parce qu’il comportait une résidence pour chercheurs et artistes, mais aussi la venue de l’Institut national du cancer, acquise, et celle du CNRS et de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), à l’étude. «Nous avons adhéré complètement à cette idée de pôle, résume Perrine Delobelle. Nous avions commencé à rencontrer l’Inserm et le CNRS autour d’un futur master en économie de la santé.» Pour une collectivité locale, un établissement comme l’AUP est un produit d’appel. «Nous sommes très internationaux, poursuit-elle. Nous avons des contacts avec énormément d’institutions internationales, d’universités, de musées. Nous pouvons être un point de contact pour d’autres projets sur l’île.»

L’AUP préparait son arrivée depuis trois ans et ne dispose guère de plan B pour quitter le patchwork de six adresses qu’elle occupe dans le VIIe arrondissement de Paris. Elle n’attend plus que le second de ses deux permis de construire, document qui aurait été validé mais n’est pas encore délivré. Della Paolera est dans une situation déplaisante : Baguet parle à sa place tout en ne le contactant pas. Et même si le projet redémarre, le campus risque de se retrouver un jour dans un environnement de promotion immobilière sans rapport avec le contexte scientifique et artistique promis.

Les professionnels du bâtiment, eux, ont été contactés par la nouvelle municipalité. Le maire a déclaré à 20 Minutes qu’il négociait pour la résidence chercheurs-artistes, cofinancée par la Caisse des dépôts et l’investisseur ING, bénéficiaire d’un permis. Contactés à plusieurs reprises, ni la Caisse des dépôts, qui agit avec de l’argent public, ni ING ne nous ont répondu. Autre preneur ferme, le promoteur de l’hôtel quatre étoiles, Cogedim, s’est vu prié d’aller l’exporter sur la terre ferme par Baguet qui, toujours lors d’une interview, a dit qu’il préférerait «un hôtel de charme». Une idée qui fait sourire Jean-Luc Brohard, président de Cogedim entreprise. Plus sérieusement, il ajoute dans la foulée que «c’est un dossier difficile à gérer». Mais il ne veut pas vider les lieux. «C’est un site exceptionnel, une des plus belles boucles de la Seine. Nous restons très attachés à la réalisation de quelque chose sur l’île.» Et l’on peut faire confiance à ces spécialistes pour ne pas céder sans compensation solide.

Comment en est-on arrivé là ? Par la politique. Etre membre de la majorité municipale n’a pas empêché Baguet de combattre continuellement l’ancien maire de droite Jean-Pierre Fourcade, 78 ans. Peu avant la fin du mandat, l’édile démissionne au profit de son premier adjoint pour barrer la route à l’ambitieux. Raté. Ex-UDF, Baguet obtient l’investiture UMP en remerciement de son prompt ralliement à la bannière de Nicolas Sarkozy. Fourcade tente alors de le contrer en se présentant, mais en vain. Et voilà que pendant la campagne, Georges-Marc Benamou, encore conseiller culturel à l’Elysée, annonce, dans une interview à Libération, que l’île Seguin accueillera «un jardin de sculptures».

«Benamou a mis la pagaille»

Baguet ne se rallie pas à cette fantaisie mais sort de sa manche un projet alternatif, «ensemble culturel international valorisant et profitable à tous les Boulonnais». En fait, un plan de l’île d’une pauvreté consternante ramenée aux documents produits depuis des années par la Saem Val-de-Seine. Et un programme du même tonneau où voisinent guinguettes, halle pour défilés de mode ou marchés de noël, spa, commerces, restaurants, port fluvial, tous rangés sous l’étiquette d’ «activités culturelles et de loisirs». Certaines propositions veulent tout et rien dire, comme le «parcours culturel». D’autres, comme ces 40 000 m2 de sièges de télévisions et de radio sont risibles au vu des ambitions affichées d’ «espace vivant, attirant», quand on connaît les mornes abords de TF1 à Boulogne même. La conception de ce collage est sous la houlette de Daniel Janicot, conseiller d’Etat, qui n’a jamais exercé aucune fonction opérationnelle en urbanisme.

Toute cette confusion semble masquer l’objectif de fond : faciliter des opérations de promotion immobilière banales et rentables comme on en voit partout dans le département. Car on peine à comprendre pourquoi le nouveau maire ne veut plus de la résidence chercheurs-artistes pour promettre à la place une «villa Médicis d’accueil d’artistes» (dans son bulletin de campagne). Ou annule la future salle des musiques actuelles dessinée par l’architecte Rudy Ricciotti, prête à démarrer, au profit d’une «salle de concert ouverte comme à Sidney ou Chicago» (interview à 20 Minutes), pas lancée et pas financée. Des promesses rideau de fumée ?

Baguet assure que «l’Etat et le département apporteront leur contribution». Interrogé par Libération, Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine, reste prudent et lâche au passage que la salle des musiques actuelles, il trouvait «ça pas mal». Sur l’université américaine, «l’ambassade des Etats-Unis m’a prévenu qu’elle ne cautionnait plus moralement le projet», affirme-t-il. Il croit savoir qu’il fallait y «mettre des fonds publics» - ce qui est faux. Et il met la confusion sur le dos de «Benamou, qui a mis un peu la pagaille». Bien joué, le renvoi vers l’Elysée. Le silence du Château est assourdissant. Nicolas Sarkozy a lancé personnellement la consultation internationale sur le Grand Paris, avec ce que la démarche comporte d’appel à la matière grise. Pendant ce temps-là, il laisse un second couteau de son parti promettre un avenir de guinguettes et de marchés de Noël au plus bel endroit de la Seine près de Paris.

(1) Contactés à de multiples reprises, ni Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt, ni Daniel Janicot, président de l’association de préfiguration de l’île Seguin, n’ont voulu répondre à nos questions.

Publié dans : Terrains Renault
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Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /Juin /2008 14:05

FpL'université américaine de Paris (AUP) a annoncé mercredi qu'elle avait toujours l'intention de construire un campus sur l'île Seguin, à Boulogne-Billancourt, alors que le nouveau maire UMP Pierre-Christophe Baguet a indiqué qu'il ne voulait pas de ce projet.




"Nous nous sommes vu accorder un permis de construire au mois de mars, avant les élections municipales, pour la résidence étudiante, et nous attendons un second permis pour le bâtiment académique", a expliqué à l'AFP une porte-parole de l'AUP, qui n'a pas souhaité que son nom soit cité.

"Une promesse de vente de droits à construire a été signée en mai 2007. Des acomptes ont été versés. Le financement est validé. Pour nous le projet est en route, et nous n'avons pas de site alternatif", a ajouté la porte-parole.

Depuis son élection en mars à la mairie de Boulogne, la deuxième ville d'Ile-de-France après Paris, l'UMP Pierre-Christophe Baguet a remis en cause à plusieurs reprises l'ensemble des projets de son prédécesseur et grand rival, Jean-Pierre Fourcade, concernant l'île Seguin.

Il a réaffirmé mercredi à l'AFP qu'il ne souhaitait pas que l'AUP installe un campus sur l'île, où se trouvaient les anciennes usines Renault.

"Sur l'île Seguin, c'est un peu difficile, car le campus ne s'inscrit pas dans le projet culturel et environnemental que nous voulons", a-t-il déclaré. Il a précisé qu'il devait rencontrer le président de l'AUP, Gerardo Della Paolera, mercredi après-midi.

L'AUP, dont les locaux se trouvent dans le 7e arrondissement de Paris, espère construire un campus composé d'un bâtiment académique de 11.000 m2 et d'une résidence étudiante de 10.000 m2, pour 300 chambres.

Aucun projet global n'a jamais pu être mené à bout sur l'île Seguin, quinze ans après le départ de Renault de cette bande de terre de 11,5 hectares sur la Seine.

L'échec le plus retentissant eut lieu en 2005 quand l'homme d'affaires François Pinault renonça à installer sa collection d'art contemporain sur la pointe aval de l'île.

Publié dans : Terrains Renault
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 11:10

Le 21 mars, le nouveau conseil municipal s'est réuni pour l'élection du Maire. Jean-Pierre Fourcade, président de séance, a prononcé une brève allocution d'introduction. Il a insisté sur les points suivants :
-Le fort taux d'abstention constaté à Boulogne-Billancourt implique comme remède un fort développement de la démocratie de proximité et de l'information des Boulonnais sur les décisions prises ;
-l'existence de trois groupes distincts au sein du Conseil va obliger à des débats contradictoires approfondis sur les grandes options de la Ville ;
-la participation effective des forces vives de Boulogne-Billancourt et des diverses associations à l'analyse des problèmes à résoudre sera plus que jamais nécessaire ;
-la crise financière européenne actuelle va demander une gestion très stricte des affaires et des projets, et en particulier de ne pas distendre les calendriers des programmes en cours, pour anticiper autant que faire se peut sur les effets de cette crise.

Déclaration de Jean-Pierre Fourcade



Par Webmestre - Publié dans : Conseil Municipal
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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /Mars /2008 01:22
La liste Unis Pour Boulogne-Billancourt
conduite par Jean-Pierre Fourcade

remercie chaleureusement les
11 886 (*)
électrices et électeurs qui l'ont choisie au second tour,
la plaçant en seconde position.

 
Les 10 conseillers municipaux d' Unis Pour Boulogne-Billancourt vont participer activement aux délibérations pour protéger les Boulonnais. Ils exerceront de manière constructive la responsabilité de contrôle qui est maintenant la leur sur l'activité de la nouvelle Municipalité, dont la majorité ne représente que moins d'un quart (23 %) des électeurs inscrits.

Nouvelle force politique de Boulogne-Billancourt, cette équipe s’engage à faire prévaloir l’intérêt général dans toutes les décisions qui seront prises  et à protéger notre ville des influences extérieures.

Le travail de l'équipe Unis Pour Boulogne-Billancourt ne s'arrête pas avec ces élections. Au contraire, il commence. Nous vous informerons dans les jours qui viennent des dispositions pratiques que nous allons prendre pour faire en sorte que Boulogne-Billancourt demeure une cité où il fait bon vivre, sans pour autant que le prix à payer pour les Boulonnais via la fiscalité locale ne devienne déraisonnable.


(*) soit environ 1 400 de plus qu'au premier tour.




Publié dans : Projets et enjeux
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 22:41


Chers visiteurs,

La campagne internet pour le second tour des élections municipales et cantonales s'arrête ce soir , vendredi 14 mars, à minuit. Nous ne publierons donc rien dans la journée de samedi, ni évidemment dans celle de dimanche, qu'il s'agisse d'articles ou de commentaires de nos lecteurs.


Merci de nous avoir lus et écoutés tout au long de cette campagne.
Merci de votre intérêt pour nos arguments de bon sens.
Merci de votre soutien.

Dimanche, ne jetez pas votre argent dans les urnes.
Dimanche, votez contre la dilution de Boulogne-Billancourt dans une super-communauté pilotée par l'Elysée.
Dimanche, comme Pierre-Mathieu Duhamel, votez et faites voter pour Jean-Pierre Fourcade et son équipe


L'équipe de campagne "Unis pour Boulogne-Billancourt".

 


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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 17:14

Jean-Bouin.jpg
Publié dans : Savez-vous que ?
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 16:47

Avant même que les élections soient  finies
il a été décidé à l'Elysée que Boulogne-Billancourt
deviendrait un des satellites d'un vaste système urbain
placé sous l'égide d'André Santini.
Les ressources propres à la ville pourraient alors
être pompées par le dit système...

Intéressant, non ?

ours.jpg

Publié dans : Savez-vous que ?
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 15:12

 

PC Baguet a toujours refusé un débat public avec Jean-Pierre Fourcade, en particulier sur l'ile Seguin.

Après un tract hors sujet sur le stade Jean Bouin ce matinn et à quelques heures de la fin de la campagne, il produit un tableau rédigé dans une improvisation totale.Pourquoi cette fébrilité ? A-t-il compris que le vent tournait ?

Restons zen. Nous conseillerons juste à nos lecteurs d'aller acheter le journal Le Monde paru ce soir. Ce journal sérieux, à défaut d'être toujours bienveillant pour les maires de droite, publie un point de vue signé de trois de spécialistes qui saluent la qualité et l'ambition de projet lancé depuis presque dix ans par Jean-Pierre Fourcade, et qualifient le projet de MM. Baguet , Solère et Labrunye "de hameau de Marie-Antoinette "

On y apprend aussi que les travaux contestés ont bel et bien commencé. M.Baguet et ses colistiers ne se sont peut-être jamais rendus sur place...
Pierre d'Harcourt
 
 

Le_monde_logoPar son histoire, L'île Seguin a symbolisé la dignité du travail, les conquêtes sociales, l'éclosion de la diversité. Par sa configuration, elle s'est constituée en la forme unique et magnifique d'une île-bâtiment au milieu du fleuve. Sur ces bases, nous avons défini en 2001, avec Jean-Louis Subileau, le projet d'île des Deux Cultures (art et sciences), ouvrant l'île à la modernité et au plus large public tout en lui donnant une dignité à la mesure de son passé.

Ce projet ambitieux a été approuvé par la ville de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) dès 2002. Après des années d'études et de réflexion, il a pris, en 2003, une dimension opérationnelle. Aujourd'hui, le tiers du programme d'ensemble de l'île est engagé.
Des promesses de vente ont été signées et des permis de construire déposés et obtenus : pour la résidence pour chercheurs et artistes conçue par Farshid Moussavi (FOA), le campus de l'Université américaine de Paris et de New York University de Jean-Paul Viguier et l'hôtel 4 étoiles, son restaurant et ses bars. Boulogne-Billancourt a décidé de mettre en oeuvre les Scènes de Musique Actuelle et en a confié la réalisation à Rudy Ricciotti.
L'Institut national du cancer (INCa) fait l'objet d'un concours d'architecture.

Le projet d'île des Deux Cultures est aujourd'hui dangereusement remis en cause par le désir de quelques-uns de gommer l'histoire de l'île et d'éradiquer les projets engagés.

 
 

Un projet urbain "alternatif" a été rendu public par Le Figaro après que, dans Libération, le conseiller culturel de l'Elysée a annoncé un grand jardin de sculptures sur toute l'île Seguin.
Le projet "alternatif" est un curieux mélange d'éléments empruntés à feu le Centre européen de création contemporaine voulu par Dominique de Villepin, de programmes commerciaux et d'activités de loisirs d'une fracassante originalité (parcours de santé, marché de Noël, patinoire...).
S'y ajoutent, sans doute pour accentuer la dominante culturelle, TF1 et Yves Rocher. On nous promettait de grands projets, nous n'aurons que le hameau de Marie-Antoinette, version light XXIe siècle. Ce projet place l'aménagement de l'île sous le signe de l'improvisation et du zapping et, en installant les programmes au milieu d'une pseudo-nature (lambeaux de verdure et petit étang !) parsemée d'activités hétéroclites, la transforme en une île des caprices et des plaisirs commerciaux.

 
Hédonisme étriqué
 

 

 

De tels errements émaillent l'histoire des villes. On se souvient de la "Cité lacustre" que Paul Graziani voulait édifier en 1992 sur les terrains de l'usine Renault. Le sort de l'île Seguin rappellera bientôt ce fâcheux précédent si on laisse détruire, au détour d'une alternance électorale, le projet d'île des Deux Cultures, une île du travail et de la production intellectuelle et artistique, auquel on voudrait substituer aujourd'hui un lieu incertain de la consommation culturelle et d'un hédonisme étriqué.

 

En quoi l'accueil de chercheurs, d'universitaires et d'artistes exclurait-il les Boulonnais de l'île ? C'est un reproche ridicule.
Les Parisiens sont-ils exclus de la cour du Grand Louvre ou du jardin du Palais- Royal ? Ajoutons qu'il est un peu court d'opposer la bonne verdure au méchant béton. Cette île a une âme liée à son histoire, bien sûr, mais aussi à son artifice, à sa construction.
La beauté de l'île Seguin tient dans la puissance de son édification, à l'échelle des boucles de la Seine, à l'échelle aussi des constructions des quais et des coteaux. Cela peut apparaître comme un paradoxe, mais nous avons la conviction que pour qu'un jardin existe sur cette île, pour qu'il résiste au site urbain, il doit se nicher dans une construction. Tel est l'objet de la terrasse-jardin de plus de 4 hectares que nous installons au coeur de l'île.

 

La galerie animée de Matthieu Poitevin, Stéphane Maupin et Jérôme Sans, structure légère et transparente de 11 mètres de haut, offrant au public une promenade exceptionnelle de 2 km, ouverte en balcon sur la Seine, assure la mémoire de la forme de l'île et permet un parcours artistique sans précédent.
Elle est pourtant vouée aux gémonies et présentée comme un mur de six étages enfermant l'île en fort Boyard... par ceux-là mêmes qui aspirent à un curieux renouveau, en évoquant "les planches de Deauville, en somme".
Tout cela témoigne d'un profond mépris du travail des concepteurs, urbanistes, architectes, paysagistes, artistes qui se sont investis depuis six ans sur le projet, au moment où celui-ci entre en phase de réalisation et alors qu'il a fait l'objet de soixante réunions de concertation avec seize associations représentatives des habitants, d'engagements contractuels de la SAEM Val-de-Seine Aménagement.

 

Nous ne récusons aucunement la critique et savons que des progrès devront être faits pour abolir l'unité tronquée de l'île, faible encore en sa pointe aval depuis le départ de la "fondation Pinault" et en sa pointe amont par manque d'un équipement ambitieux.
C'est à ce travail qu'il faut s'atteler, en donnant plus de force, davantage d'unité, plus d'ambition encore au projet actuel - non en le détruisant.

 
Halte au zapping urbain !
 

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François Barré, ancien directeur de l'architecture et du patrimoine

 

Michel Desvigne, paysagiste

 

François Grether, architecte-urbaniste.

Publié dans : Terrains Renault
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 00:56

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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /Mars /2008 15:12

Aujourd'hui mercrdi à 13 h 15, la chaine parlementaire – LCP-Assemblée Nationale –
a fait le point sur les élections municipales à Boulogne-Billancourt.
Notre compétiteur s'est sans embarras attribué
la paternité des réalisations de l'équipe Fourcade-95
Avant de dire que les Boulonnais étant disciplinés,
ils voteraient en majorité pour le candidat officiel.

Eh bien, certains Boulonnais ne sont pas aux ordres, et sont capables
d'avoir un point de vue personnel sur la solidité et la cohérence d'un projet.

Jean-Pierre Fourcade a attiré notre attention sur les coûts des promesses éventuellement
réalisables de notre compétiteur, pour ne rien dire des irréalisables,
et a confirmé sa capacité à animer une liste à la fois expérimentée et renouvelée
porteuse d'un projet global réaliste et utile à notre ville.

 
 
 
Les journalistes de LCP -Assemblée Nationale ont choisi de présenter, pendant trois semaines,  les enjeux des élections municipales dans et depuis une grande ville différente.  Aujourd'hui, c'est le tour de Boulogne-Billancourt.     

  

Publié dans : Vidéothèque
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